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Le Sanctuaire · Les Origines · 2020

Blanc sur Noir

Avant ce sanctuaire, il y eut une première lumière. Mes premiers poèmes, écrits à vingt ans, comme une graine semée dans le noir.

Blanc sur Noir · 2020

En 2020, le Cégep du Vieux Montréal a publié mes premiers poèmes dans Prise 1, un recueil collectif réunissant les voix étudiantes. Ma série s'intitulait « Blanc sur Noir » : onze textes nés du silence, de la nuit et de l'attente de l'aube. Les images qui les accompagnent à l'intérieur du recueil sont également de ma main.

En les relisant aujourd'hui, je découvre que la graine était déjà là. Déjà « tout ce qui rend doux le regard des petits », déjà « la clarté d'un nouveau matin ». Ces mots d'alors annonçaient, sans que je le sache, le chemin qui mène à Victoire du Peuple.

Ce que tu plantes dans le noir finit toujours par chercher la lumière. Voici donc mes sources, offertes telles qu'elles furent écrites.

Lire le recueil Prise 1 publié par le CVM

Le recueil

Vers à vers

Imagine si chaque jour était brodé

autour de l'espoir de l'enfant endormi

Reviendrait la légèreté d'un sourire

sur nos visages endurcis

pour les âmes sensibles

qui comme les mots de ces lignes

baignent dans des corps différents

tout en étant de la même résonance

Aimer

Lier les hommes

Lier les hommes sans actions

Viendra la clarté

d'un nouveau matin

qui porte une autre espérance

comme après chaque nuit

revient le jour

À celui qui aime

même la nuit

sera donné l'espoir

de voir renaître

tout ce qui rend doux le regard des petits

Doux est le lever du soleil sur la vie des hommes

ayant oublié leur noirceur

Souvenir

Un vent d'ailleurs souffle

sur un présent qui m'essouffle

J'avance lourde de souvenirs

bercés dans ma mémoire

Ravivée

par la flamme des jours émouvants

Les trésors du temps

qu'on amasse et qu'on enfouit

éparpillés

inapparents

Vestiges de l'existence

qui subsistent

et qui m'allègent

Silence

La langue lourde

tu te demandes

quel est ton nom

La force au ventre

pleine de silence

tu te demandes

ce qui t'échappe

Quand un soupir

devient le pouls du monde

tu te demandes

où est le bruit

Geheimnis

Incertain

l'homme rempli le monde

de présence

Il songe aux choses

curieusement belles

Et rêveur

lorsqu'il se sent inachevé

s'imagine porteur d'un secret

Absence

Tu sommeilles

dans une longue attente

de l'aube

Tu t'abandonnes à la nuit

refermes sur toi la porte d'hier

À l'intérieur

ce n'est plus le même souffle

Sans voix, tu marches

et chaque jour le doute

s'enracine en toi

Fragmenté

Que cherches-tu

dans le noir

Quand de l'ombre des regards

surgit la fragilité

un frisson

unit chaque fragment du monde

Iceland

Silence qui glace

mon pays invisible des vastes étendues nordiques

Silence qui brûle

mon pays au sous-sol de braise cachée

L'océan des mots pénétrants berce mon île polaire

J'y pêche les sensations de mes paysages arides

Ma terre froide de solitude en éruption

Ma terre de polarité

Questions d'enfant

Qui dit aux plantes de grandir vers le haut ?

Il doit y avoir quelque chose

qui dit à la plante d'aller vers le haut

Comment la plante sait-elle ?

Il doit y avoir quelque chose

qui la pousse

à percer l'obscurité

Coexistence

Toutes choses dans le monde

se répondent

dans un échange continuel

et la vie porte en elle-même

l'équilibre

Sur son île

l'homme suspendu

entre deux voix

semble étranger

à cette danse

Et pourtant

résonne en lui

quelque chose d'aussi grand

Réminiscence

Ceux pour qui l'origine des choses

ne porte aucun mystère

ont rompu en eux-mêmes

le fil de la vie

Ceux pour qui tout se rejoint

dans le commencement de la lumière

sont semblables à la beauté vierge des nuages

Dans la clarté du ciel qui les berce

ils ne font qu'un

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