Lettre d'adieu à la consommation
Écoute-moi bien.
Depuis le jour où tu t'es glissée dans ma vie, vêtue de ton faux blanc immaculé, tu m'as ensorcelé. Tu t'es accrochée à moi comme une promesse, et moi, aveuglé, je t'ai tout offert. Tu as volé des morceaux entiers de mon âme, les plus lumineux, les plus vivants. Tu m'as transformé en volcan silencieux, prêt à éclater à tout moment.
Pour toi, j'ai franchi des frontières qui n'étaient pas les miennes. J'ai trahi mes propres valeurs pour rester dans ton ombre. Et toi, toujours à murmurer que tu ne me quitterais jamais... Mais moi, je suis épuisé. Aujourd'hui, je marche vers la lumière, entouré de gens extraordinaires, ceux qui me voient pour vrai. Je n'ai plus besoin de me cacher derrière toi. Je veux vivre des journées qui me ressemblent, qui m'honorent, qui me ramènent à ce que je suis vraiment.
Et tu sais quoi ?
Malgré ta jalousie, malgré ton désir de me garder pour toi seul, l'amour ne m'a pas quitté. Il vit encore dans les bras de ma famille, dans le rire de mes ami(e)s. Le vrai amour n'a jamais été dans un sac à 50 piasses.
Tu as déjà emporté des âmes que j'aimais. Je le sens : si je reste avec toi, c'est moi que tu prendras ensuite.
Alors je t'abandonne ici, avec tout ce dont je n'ai plus besoin. Le sac est vide, et toi aussi. Je te dépose au sol comme on laisse un vieux mensonge. Regarde-moi bien d'où tu es : je vais briller, et tu ne pourras plus jamais m'éteindre.
Tu ne me tueras pas.
— Matthieu Desjardins

